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À Albon, les Fouilles archéologiques sur Albon
À Albon, les fouilles archéologiques dévoilent une villa romaine et un cimetière médiéval
Sur le site du futur aménagement urbain, au centre du village, l’opération d’archéologie préventive, menée par la société Archéo Dunum, a permis de mettre au jour les vestiges d’une importante occupation antique, probablement une villa romaine.
Malgré les perturbations liées aux constructions modernes, les découvertes témoignent d’un site de prestige doté d’un système hydraulique complexe et d’une réoccupation funéraire au Moyen Âge.
Jérôme Grasso, archéologue responsable des fouilles, explique que l’intervention s’inscrit dans un cadre légal où les fouilles précèdent l’aménagement urbain. Le processus implique un enregistrement exhaustif des données (photographies, dessins, prélèvements) avant que les vestiges ne soient démontés pour laisser place aux futurs bâtiments d’habitation. Une fois le terrain libéré, l’étude se poursuit en laboratoire pour une analyse scientifique approfondie.
Le protocole de l’archéologie préventive
Le site révèle les fondations d’un établissement romain d’envergure, bien que les structures soient fortement arasées par l’implantation d’anciennes caves domestiques. Les archéologues ont identifié deux bassins maçonnés remarquables, dont l’un présente une forme en abside, ainsi qu’un réseau sophistiqué de gestion de l’eau. Ce système comprenait non seulement des dispositifs d’évacuation, mais aussi d’adduction via un canal d’aqueduc traversant la parcelle.
Bien que le mobilier archéologique soit rare en raison d’un pillage précoce après l’abandon du site au IVe siècle, les archéologues ont notamment identifié des céramiques, telles que des fragments de vases et de pots, ainsi que des éléments de construction comme des tuiles. Parmi les trouvailles plus remarquables figurent des placages en marbre décoratifs, leur présence confirme le statut privilégié de la demeure.
L’emprise de la villa semble s’étendre bien au-delà de la zone fouillée, rejoignant des vestiges déjà diagnostiqués en 2004 sur les parcelles voisines. Postérieurement à l’époque romaine, le site a changé de vocation pour accueillir une nécropole médiévale.
Plus de 60 sépultures ont été exhumées, principalement à proximité de la rue Epaône suggérant un lien direct avec l’église située aux abords du chantier. Outre ces objets, le site a livré des ossements de faune et des squelettes humains provenant de sépultures médiévales situées dans des fosses.
Le devenir des objets trouvés
Sur le plan juridique, le devenir de ces objets est strictement régi par la loi de 2016 relative à l’archéologie préventive. Contrairement à une idée reçue, le mobilier n’est pas restitué à la commune mais appartient intégralement à l’État.
Les archéologues disposent d’une période de deux ans pour conserver les objets afin de mener les analyses nécessaires et de rédiger le rapport de fouilles final. Les fouilles s’achèvent sur un bilan scientifique positif, documentant une transition historique majeure entre une résidence romaine luxueuse et une zone funéraire médiévale. Bien que les vestiges physiques disparaissent au profit de nouveaux logements, leur mémoire est désormais préservée par une documentation scientifique rigoureuse qui fera l’objet d’une publication détaillée d’ici deux ans.
Une fois cette période d’étude achevée, les objets sont transférés dans les dépôts de l’État. Leur avenir dépend ensuite de leur intérêt scientifique ou muséographique.
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